Vue d’ensemble


Normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction
Un engagement pour l’accès, la qualité et la responsabilité

Les guerres et les catastrophes naturelles privent des générations entières des connaissances et des possibilités que peut donner une éducation. L’éducation n’est pas seulement un droit, mais dans les situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction, c’est aussi une nécessité qui peut à la fois sauver des vies et aider à vivre, en procurant une protection physique, psychosociale et cognitive. Elle aide à vivre en offrant un espace sûr où apprendre ainsi que la possibilité d’appuyer et de protéger ceux qui sont affectés, surtout les enfants et les adolescents. L’éducation atténue l’impact psychosocial des conflits et des catastrophes en donnant, durant une période de crise, un sentiment de normalité, de stabilité, de structure et un espoir pour l’avenir. Elle peut sauver des vies en protégeant contre l’exploitation et les mauvais traitements, comme les enlèvements, les enfants soldats et la violence sexuelle ou de genre. Enfin, l’éducation donne les connaissances et les compétences permettant de survivre pendant une crise, en diffusant des informations vitales sur les mines terrestres, la prévention du VIH/Sida, la résolution de conflits et l’édification de la paix.

Pour élaborer un outil permettant un niveau minimum d’accès à l’éducation et de qualité de l’éducation en situations d’urgence et de début de reconstruction ainsi que pour assurer la responsabilité des employés qui fournissent ces services, le Groupe de travail de l’INEE sur les Normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction a facilité un processus extrêmement consultatif pour élaborer les Normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction. Les Normes minimales de l’INEE ont été élaborées avec la participation de plus de 2 250 personnes venant de plus de 50 pays en 2003 et 2004. Elles ont été élaborées par des parties prenantes venant de niveaux très variés et ont évolué à partir d’environnements d’urgence et de début de reconstruction dans le monde entier. Ainsi, elles sont conçues pour être utilisées dans la réponse à l’urgence, la préparation à l’urgence et dans le plaidoyer humanitaire et sont applicables à de nombreuses situations, comme les catastrophes naturelles et les conflits armés. Les normes fournissent des directives et une flexibilité pour répondre aux besoins au niveau le plus important, la communauté, tout en fournissant un cadre harmonisé pour coordonner les activités éducatives des gouvernements, des autres autorités, des agences de financement et des agences nationales et internationales.

Les Normes minimales de l’INEE sont fondées sur la Convention des droits de l’enfant, les objectifs de l’Education pour tous de Dakar en 2000 et la Charte humanitaire du Projet Sphère. Comme Sphère, les normes sont prévues pour être utilisées comme outil de renforcement des capacités et de formation. L’INEE pense qu’elles vont aussi augmenter la responsabilité et la prédictibilité parmi les acteurs humanitaires et améliorer la coordination parmi les partenaires, y compris les autorités de l’éducation.

Un manuel des Normes minimales pour l’éducation en situations d’urgence, de crise chronique et de début de reconstruction (appelé Normes minimales de l’INEE) a été lancé lors de la deuxième Consultation mondiale inter-agences de l’INEE sur l’éducation en situations d’urgence et de début de reconstruction en Afrique du Sud, en décembre 2004. Le manuel est conçu pour donner aux gouvernements et aux travailleurs humanitaires les outils dont ils ont besoin pour répondre aux buts de l’Education pour tous et aux Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies. C’est le premier pas pour permettre que les initiatives d’éducation en situations d’urgence fournissent une base solide et saine pour la reconstruction après le conflit ou la catastrophe. Les normes minimales couvrent cinq catégories:

     
  • Normes minimales communes à toutes les catégories: cette partie se consacre aux aspects essentiels de la participation des communautés et de l’utilisation des ressources locales pour l’application des normes exposées dans ce manuel, ainsi que l’organisation des interventions éducatives d’urgence sur la base d’une évaluation initiale, suivie d’une intervention appropriée, d’un suivi et d’une évaluation continus.
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  • Accès et environnement d’apprentissage : ces normes portent sur les partenariats de nature à promouvoir l’accès aux possibilités d’apprentissage et le rapprochement avec d’autres secteurs, tels que la santé, l’eau et l’assainissement, l’aide alimentaire et l’aménagement d’abris, afin de garantir la sécurité et le bien-être physique, cognitif et psychologique.
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  • Enseignement et apprentissage: ces normes portent sur les éléments essentiels susceptibles de promouvoir un enseignement et un apprentissage efficaces: 1) les programme scolaires, 2) la formation, 3) l’instruction et 4) l’évaluation.
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  • Enseignants et autres personnels d’éducation: ces normes portent sur l’administration et la gestion des ressources humaines dans le domaine de l’éducation, comme le recrutement et la sélection, les conditions de travail, la supervision et l’appui.
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  • Politique d’éducation et coordination: ces normes portent sur la formulation et la promulgation des politiques, la planification et la mise en œuvre, ainsi que la coordination.


Toutes ces catégories sont interdépendantes et il faut souvent procéder à une analyse parallèle des normes décrites dans une catégorie et de celles présentées dans d’autres catégories. Les notes d’orientation établissent, s’il y a lieu, un lien avec d’autres normes, indicateurs et notes d’orientation en rapport avec elles. Par ailleurs, des questions transversales telles que les droits de l’homme, les droits de l’enfant, le genre, le droit des populations à participer, le VIH/SIDA, les handicaps et la vulnérabilité ont été intégrées aux normes qui y correspondaient au lieu d’être traitées à part.

Calendrier: La durée d’utilisation de ces normes minimales dépend, en grande partie, des circonstances. Ces normes sont en effet applicables à une large diversité de situations d’urgence depuis les premières interventions de réponse à l’urgence jusqu’au stade de début de reconstruction. Elles s’adressent par ailleurs à une grande pluralité de publics. Les indicateurs présentés dans ce manuel ne sont pas universellement applicables à toutes les situations, ni à tous les utilisateurs potentiels. La mise en œuvre de certaines des normes ou de certains des indicateurs spécifiés peut prendre des semaines, des mois, voire des années. Selon le cas, elle interviendra sans qu’il soit besoin de faire appel à une aide extérieure ou au contraire elle nécessitera une collaboration active des autorités éducatives et d’autres organismes à ce processus. Il est important que tous les acteurs concernés conviennent d’un calendrier qui fixe la durée d’application de ces normes et indicateurs, de même que les échéances pour l’obtention de résultats.

Champ d’application et limites: Les normes énoncées dans les différents chapitres ne sont pas autonomes, elles sont interdépendantes. Il y a néanmoins une différence, inévitable, entre la formulation de normes universelles et la possibilité de les appliquer dans la pratique. Chaque contexte est différent. C’est pour cette raison que l’ensemble de ce processus d’élaboration repose sur une large participation, à tous les niveaux, des personnels humanitaires, des éducateurs, des pouvoirs publics, des autorités éducatives, des acteurs de la société civile et des personnes sinistrées de contextes régionaux, nationaux ou locaux divers. Dans certains cas, des facteurs locaux empêchent la mise en œuvre des normes minimales et des indicateurs clés. Il convient alors d’identifier les causes du décalage qui existe entre les normes et les indicateurs présentés dans le manuel et ceux réalisés dans la pratique, d’en expliquer les raisons, et de proposer les changements nécessaires pour réaliser les normes.

Les normes minimales de l’INEE ne résoudront certes pas tous les problèmes rencontrés dans le cadre des interventions éducatives, mais elles n’en constituent pas moins un outil que les agences humanitaires, les pouvoirs publics et les populations locales peuvent utiliser pour rendre plus efficace et améliorer la qualité de leur assistance en matière d’éducation et, partant, améliorer de façon significative le sort des personnes frappées par des crises ou des catastrophes. Le manuel des normes minimales constitue un bon début pour s’assurer que les initiatives d’éducation en situation d’urgence constituent une base solide pour la reconstruction après un conflit ou une catastrophe.

Le groupe de travail actuel de l’INEE sur les Normes minimales (2005-2008) facilite ces aspects des Normes minimales de l’INEE:

     
  • diffusion, promotion et plaidoyer
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  • formation et élaboration de matériel
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  • expérimentation, suivi et évaluation

Le processus d’élaboration et de mise en œuvre des normes a été appuyé financièrement par Academy for Educational Development, et Global Learning Portal, l’Agence canadienne de développement international (ACDI), International Rescue Committee, Alliance internationale Save the Children, Save the Children Norvège, Swedish International Development Cooperation Agency (Sida), des contributions des USA à l’UNESCO pour la reconstruction de systèmes éducatifs dans les pays sortant d’un conflit, le HCR, l’UNICEF, l’USAID, la Contribution des USA à l’UNESCO pour la reconstruction de systèmes éducatifs, et la Banque mondiale. De plus, des centaines d’organisations ont fait d’énormes contributions en nature pour ce processus, en donnant du temps, des voyages, des traductions et d’autres ressources.

Si vous avez des questions ou si vous désirez vous impliquer dans ce processus, contactez le Directrice de l’INEE:
Allison Anderson: minimumstandards@ineesite.org
Téléphone: (+1 212) 551 3107 / Fax: (+1 212) 551 3185