Strategies de phasing out - Phasing out strategies

English text is below.

Wildenes Etienne est un conseiller technique en éducation pour Catholic Relief Services (CRS) en Haïti. Il a participé à la formation de formateurs de l’INEE pour les Caraïbes en Guyane en Juin 2009. Ce post blog discute des questions du processus de phasing out (ou sorties progressives), et donne des exemples des expériences faites à travers le travail de Wildeness en Haïti.

Le cas des Gonaïves

En 2004 et en 2008, la ville des Gonaïves a été victime de catastrophes naturelles. Beaucoup de morts, de disparus, beaucoup de traumatismes et pertes matérielles. Cependant, la communauté des Gonaïves a reçu beaucoup d’aides : matérielles, économiques et psychologiques. Plusieurs institutions humanitaires nationales et internationales, plusieurs gouvernements amis d’Haïti ont dépêché des ressources pour aider Haïti en particulier Gonaïves. Cependant, les écoles transformées en abris provisoires étaient devenues des maisons de familles empêchant aux enfants de retourner dans les classes et de jouir de leurs apprentissages. Les droits à l’éducation étaient perturbés. Personne ne pouvait prédire quand les occupants des écoles allaient sortir pour laisser les salles de classe aux 30000 enfants pour leurs apprentissages. Cela provient du fait que les refugiés sinistrés n’étaient pas sensibilisés au fait qu’un jour ils devront quitter les lieux où ils se trouvent de manière provisoire. Etant donné que la nourriture, l’eau, et les médicaments leur ont été fournis, ils ne voyaient pas la nécessité de s’organiser pour disposer de manière durable de ressources pour se nourrir, se vêtir après le départ des institutions ou organisations humanitaires. Sis mois plus tard, lorsque certaines institutions ou organisations commencent à se retirer des Gonaïves, les gens devenaient mécontents et montraient des signes de détresse. Il a fallu intervenir pour calmer la fureur des gens en leur assurant que d’autres organisations continueront à leurs apporter de l’aide. Dans le plan d’intervention des institutions ou organisations, il n’existait pas de stratégies de désengagement. Delà résulte le fait que les gens des Gonaïves deviennent de plus en plus des assistés qui attendent que leurs problèmes soient résolus par des personnes venues de l’extérieur. Aucun effort n’est fait par eux mêmes pour changer leur situation, ils vivent une fatalité. Ils croient qu’ils ne peuvent s’en sortir. Ils sont dans une dépendance totale.

Le cas de Petit Goave

Au cours du passage des cyclones : Anna, Gustave, Ike dans la zone de Petit Goave en aout septembre 2008. Le programme EDUCATION de CRS Haïti avait dépêché une équipe sur le terrain pour évaluer la situation et encadrer les écoles victimes. Sur les 44 écoles bénéficiaires de l’aide de CRS 28 étaient endommagées et nécessitaient des réparations. Plus de 13000 enfants se trouvaient en situation difficile. Plus 1/3 des écoles servaient d’abris provisoires. Le Programme EDUCATION de CRS a donc organisé des rencontres communautaires avec les membres de la communauté de Petit Goave en vue de l’élaboration d’un plan de prise en charge. Il en résulte un projet de réhabilitation des écoles endommagées et de support aux enfants victimes des catastrophes. Il était clairement indiqué aux parents, aux enseignants et aux directeurs que le projet ne va durer que six mois et que après les membres de la communauté de concert avec les autorités du Ministère de l’éducation Nationale doivent se préparer à prendre en charge la gestion et le développement des écoles. Deux mois après soient en novembre 2008, toutes les écoles étaient libérées et les enfants pouvaient retrouver leur salles de classe. Avec un financement de l’UNICEF, les 28 écoles endommagées ont été réparées et les membres de la communauté ont été les ouvriers qui ont travaillé dans la réhabilitation des écoles. Au moment de faire le suivi du projet, on a noté une estime de soi, une dignité et fierté des membres de la communauté en expliquant qu’ils ont contribué à garantir les droits de leurs enfants à disposer de bonnes salles de classe. Le projet de Petit Goave est durable et le relèvement de la communauté est garanti par le fait que les membres de cette communauté a de la confiance en eux-mêmes.

Strategies de phasing out

  1. informer la communauté au début de la durée du projet
  2. créer un comité de prise en charge des activités
  3. former les membres de ce comité en gestion de projet
  4. impliquer les membres de la communauté dans l’exécution du projet
  5. fixer et divulguer une date de désengagement
  6. engager la responsabilité des autorités locales dans le processus de prise en charge
  7. disposer d’un petit fond pour le comité au moment du désengagement

Il est important de faire une motivation pour redonner aux victimes le sentiment qu’il est possible de recommencer. Il faut déployer beaucoup d’efforts pour réduire le risque de créer chez les victimes la dépendance.

Quelles ont été les expériences et leçons retenues des autres membres de l’INEE lors d’une stratégie de phasing out (ou sorties progressives)? Comment peut-on améliorer ce procédé ? Connaissez-vous d’autres stratégies que nous pouvons ajouter à notre liste ?

In English:

Phasing out strategies: Experiences and lessons learnt in Haiti

Wildenes Etienne is an Education Technical Advisor for Catholic Relief Services in Haiti, and participated in the INEE Training of Trainers Workshop for the Caribean in Guyana in June 2009. This blog post discusses the issue of phasing out, and gives some examples from Wildenes’ work in Haiti.

The Gonaïves case

In 2004 and again in 2008, the Haitian town of Gonaïves suffered from natural disasters. Many people died, many disappeared, many were traumatised and there was a huge material loss. However, the Gonaïves community received a lot of aid: material, economic and psychological. Various national and international humanitarian institutions and governments gathered resources to help Haiti and more specifically Gonaives. However, the schools which were transformed into temporary shelters ended up becoming family houses, prohibiting children from going back to their classes. Their right to education was disrupted. It was not known when the occupants of the school would leave and enable the 30 000 children to return and continue their education. The problem stemmed from the fact that the refugees were not made aware that they would one day have to leave the place they temporarily inhabited. Seeing as they were given food, water and medicine, they saw no need to organise sustainable sources of food or clothing for themselves so they would be ready for the departure of the humanitarian institutions. So, six months later, when some of the humanitarian institutions and organisations began to withdraw, people became angry and showed signs of distress. To calm their anger, it became necessary to intervene and ensure that other organisations would continue to help them. However, the intervention plan put in place by the institutions and organisations had no exit strategy. Therefore over time, the people of Gonaives have come to expect that the answers to their problems will come from outside help. They make no effort to change their situation, thereby sealing their fate. They don’t believe their situation can improve. They exist in total dependence.

The Petit Goave case

When cyclones Anna, Gustave and Ike devastated the area of Petit Goave in August and September 2008, the CRS EDUCATION program sent a team to the field to evaluate the situation and supervise the affected schools. Out of the 44 CRS beneficiary schools, 28 were damaged and needed repairing. More than 13 000 children found themselves in difficult circumstances. More than 1/3 of the schools were used as temporary shelters. The CRS EDUCATION program organised meetings with members of the Petit Goave community to develop a plan for support. This resulted in a project to rebuild the damaged schools and provide assistance to the children who had fallen victim to the catastrophe. It was made clear to the parents, teachers and school administrators that the project would last six months and that the community members, together with the national education ministry, should prepare to take care of the schools’ management and development after this time. Two months later, in November 2008, all the schools were vacated and the children were able return to their classrooms. With funding from UNICEF, the 28 damaged schools were repaired with members of the community performing the repair work. During the project debriefing, a strong sense of self esteem was noted among community members. They expressed pride that they had contributed to safeguarding their children’s rights to decent classrooms. The Petit Goave project is sustainable and the recovery of the community is guaranteed thanks to the community members having confidence in themselves.

Phasing out strategies

  1. Inform the community at the beginning of the duration/length of the project
  2. Create a committee that will deal with distributing tasks for the support plan
  3. Train the members of the committee on project management
  4. Involve the community members in project implementation
  5. Establish a date for withdrawal And make it known
  6. Ensure the local authorities have a responsibility in the process
  7. Reserve a small pot of money for the committee at the time withdrawal

Motivation is important to restore the victims feeling that it is possible to start again. Efforts must be made to reduce the risk of creating dependence among the victims.

What have been other INEE member’s experiences and lessons learned when phasing out? How can we do it better? Do you have any other strategies to add to my list?

Comments

Judy Benjamin Sep 24, 2009

Governments and international relief agencies often look for the fastest and least costly solution to shelter internally displaced persons. Schools, along with community centers and training centers provide the quick-fix needed to put a roof over people’s heads. However, temporary solutions frequently become permanent ones. Examples can be seen in a number of countries including Georgia where IDPs began occupying schools 15 years ago. In the more recent displacement brought on by the conflict with Russia another wave of IDPs moved into more schools and training centers. Many other cases can be cited.

Two issues stand out in the Gonaives case. Lack of coordination among the agencies and government involved in providing assistance at the onset of the displacement, and lack of forward planning for an exit strategy. The 7 components of a phasing out strategy suggested by Wildenes make perfect sense. The question is who will initiate and take responsibility for those actions?


sethshawn Feb 11, 2011

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