Mind the Girls: How to Take Care of the Adolescent Girls in Haiti - Prêter attention aux filles

Version française ci-dessous

Ruth Levine is an internationally recognized expert on global health and health policy. She is a health economist with more than 15 years of experience designing and assessing the effects of social sector programs in Latin America, Eastern Africa, the Middle East, and South Asia. In addition to serving as CGD’s vice president for programs and operations, she leads the Center’s work on global health policy, including chairing a series of working groups on key policy and finance constraints to the effective use of donor funding for health programs in low-income countries.

Even before the earthquake, it was hard to be young and female in Haiti. It’s estimated that more than 35,000 women and girls have been the victims of sexual violence in Haiti since 2004. Gender inequality, poverty and economic vulnerability, along with cultural factors have put girls and women at heightened risk of sexual assault in recent years in Haiti. Rape, particularly gang rape, is used as a means of social control.

About half of the rapes in the country are among girls below the age of 18 and first sexual experiences are often forced. In a sample of Haitian girls in a GHESKIO study, one-third reported that they had been persuaded, tricked or forced into having sex the first time. There is also systematic and widespread violence against “restavek” domestic workers—children, generally young girls, whose families are unable to support them and who have been sent to work for other families who provide them with food and shelter.

As more than half a million people made homeless by Haiti’s earthquake are resettled temporarily into tented villages, those coordinating the relief efforts should be keenly aware of these underlying risks, amplified by the difficult circumstances that now prevail. They can and must take protect girls and young women. If they fail to do so, we will be reading stories of avoidable tragedies, as we have in other refugee situations: the teenage girls who, left unattended by both their families and official agencies, experience unimaginable physical and psychological trauma in temporary settlements after natural disasters or during conflict.

What’s to be done?  Start with this:

  • In each settlement, create a “safe space” to which adolescent girls can go at any hour of the day or night for protection, and publicize it widely. Get older women to keep things organized, but make sure it’s a girls- and women-only area.
  • Make sure that the Minimum Initial Service Package of reproductive health care is part of the health services provided through relief agencies, and make them available to adolescent girls, regardless of marital status. All women, including girls, continue to have a range of reproductive health needs during times of complex humanitarian emergencies, and ignoring those will only make a bad situation worse.
  • Plan footpaths for water, food and other necessities with the safety of girls in mind. Teenage girls are often the family members sent to collect coal or wood, get water and do other types of daily errands. Those trips, sometimes to dark or remote areas, expose girls to danger. The risks can be lessened with temporary streetlights and ensuring that the routes are not isolated. Organizing girls into groups can also reduce opportunities for victimization.
  • Involve girls and young women in helping to solve the community’s problems. Girls and young women represent tremendous community resources, and can be brought into activities such as planning, construction, food and water distribution and many other tasks that are needed to support life in the tented villages.

This is just the beginning of what can be done to ensure the safety and health of the teenage girls in Haiti’s new tented villages. To find the motivation to follow through with these tasks and to expand upon them, those leading and implementing the relief effort need to answer just one simple question: “What if it were your daughter?”

This post was originally published on the blog of the Center for Global Development.

Prêter attention aux filles : comment protéger les adolescentes en Haïti ?

Ruth Levine est une experte réputée en matière de santé mondiale et de politique de la santé. Ruth est une économiste de la santé ayant plus de 15 années d’expérience dans le domaine de la conception de programmes dans le secteur social, ainsi que de l’évaluation de leur impact, en Amérique latine, Afrique orientale, Moyen-Orient et Asie du Sud.  Elle est la vice-présidente des programmes et des opérations au Center for Global Development (CGD), et dirige également les travaux du Centre sur la politique de santé mondiale, présidant en cette capacité une série de groupes de travail sur les principales politiques de santé et les contraintes financières pour l’utilisation efficace du financement des bailleurs de fonds pour les programmes de santé dans les pays à faible revenu.

Bien avant le tremblement de terre, il était difficile d’être une femme et d’être jeune en Haïti. On estime que plus de 35 000 femmes et jeunes filles ont été victimes de violence sexuelle en Haïti depuis 2004. L’inégalité des sexes, la pauvreté et la vulnérabilité économique, conjuguées aux facteurs culturels, ont exposé les filles et les femmes à un risque accru d’agression sexuelle au cours des dernières années en Haïti. Le viol, en particulier le viol collectif, est utilisé comme un moyen de contrôle social.

La moitié des viols environ en Haïti sont perpétrés contre des filles âgées de moins de 18 ans et les premières expériences sexuelles sont souvent forcées. Une étude menée par GHESKIO rapporte qu’un tiers des jeunes filles haïtiennes interviewées ont indiqué qu’elles avaient été persuadées, trompées ou contraintes à avoir des rapports sexuels la première fois. Il y a aussi la violence systématique et généralisée contre les travailleurs domestiques «restavek» - ce sont des enfants, généralement des jeunes filles, dont la famille d’origine est incapable de subvenir à leurs besoins et qui ont été placés dans d’autres familles pour y travailler comme domestiques en échange de nourriture et du logement.

Le séisme a rendu plus d’un demi-million de personnes sans abri. Ces dernières ont été installées de manière temporaire dans des tentes et le personnel lié aux efforts humanitaires se doit de s’intéresser vivement à ces risques qui sont naturellement accrus par les circonstances difficiles qui prévalent actuellement en Haïti. Le personnel humanitaire peut et doit protéger les filles et les jeunes femmes. S’il ne le fait pas, nous lirons bientôt des histoires tragiques qui auraient pu être évitées, comme ce fut le cas dans les autres situations de réfugiés : les adolescentes qui, laissées sans surveillance à la fois par leur famille et les organismes officiels, ont été victimes de traumatismes physiques et psychologiques inimaginables dans des campements temporaires après les catastrophes naturelles ou pendant les conflits.

Que faut-il faire? Commencez par ceci:

  • Dans chaque campement temporaire, créez un “espace sûr” où les adolescentes peuvent aller à toute heure du jour ou de la nuit en quête de protection, et assurez-vous que cet espace est connu de tous. Demandez aux femmes âgées de maintenir les choses organisées, mais assurez-vous qu’il s’agit d’une zone pour les jeunes filles et les femmes uniquement.
  • Assurez-vous que le Dispositif Minimum d’Urgence (DMU) en matière de santé génésique fait partie des services de santé qui sont fournis par les organismes humanitaires, et que ces services sont accessibles aux adolescentes, quelle que soit leur situation matrimoniale. Toutes les femmes, y compris les filles, continuent à avoir de nombreux besoins au niveau de leur santé génésique dans le courant de situations d’urgence humanitaires complexes, et les ignorer ne ferait qu’aggraver une situation déjà très difficile.
  • Etablissez de routes spéciales pour les corvées d’eau, de nourriture et des autres nécessités en gardant la sécurité des filles à l’esprit. Les adolescentes sont souvent les membres de la famille qui sont envoyées pour recueillir du charbon ou du bois, chercher de l’eau et s’occuper d’autres courses quotidiennes. Ces sorties, parfois dans des zones sombres ou éloignées, exposent les filles au danger. Les risques peuvent être atténués en installant des éclairages de rue temporaires et en veillant à ce que les routes ne sont pas isolées. Les risques peuvent également être réduits si les filles se regroupent.
  • Encouragez les jeunes filles et les jeunes femmes à participer à la résolution des problèmes de la communauté. Les filles et les jeunes femmes sont de ressource au sein de la collectivité, et peuvent participer à de nombreuses activités telles que la planification, la construction, la distribution de l’eau et de la nourriture ainsi qu’à d’autres tâches qui sont nécessaires au bon fonctionnement de la vie au sein d’un campement.


Il ne s’agit bien sûr que de quelques idées préliminaires en vue d’assurer la sécurité et la santé des adolescentes dans les nouveaux campements temporaires en Haïti.  Maintenant, pour trouver la motivation de continuer et d’approfondir ce travail, nous posons une simple question à tous ceux et celles qui sont déjà engagés dans l’effort humanitaire : «Et si c’était votre fille?”

Ce message a tout d’abord été publié sur le blog du Centre for Global Development.

Vos commentaires seront appréciés !

Comments

Marian Jan 29, 2010

In reference to Ruth’s point three, there is excellent new inter-agency guidance on safe access to fuel and firewood, which is very applicable here. More information here: http://www.fuelnetwork.org/


Julie Jan 29, 2010

There is also a very useful toolkit on Adolescent Sexual and Reproductive Health developed by UNFPA and Save the Children, which I would highly recommend to those working in Haiti on these issues: http://www.unfpa.org/public/publications/pid/4169


Maite Apr 08, 2010

J´aimerais tant y aller pour aider les ados! Ici elles ont tout, si queleques profs pouvions aller travailler là-bas, que ce serait bon! Pourquoi ne pas nous engager avec l´argent des donnants internationaux?


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