Favoriser l'accès de tous à une éducation de qualité, sûre et pertinente en temps de crise

L’éducation en situations d’urgence

 

 

"Sauvegarder le droit à l´éducation doit jouer un rôle important dans notre réponse à toutes les crises. Le 4e objectif de développement durable vise à « assurer une éducation de qualité inclusive et équitable, et de promouvoir des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. » J´aimerais accentuer le terme « pour tous ». Les enfants réfugiés et déplacés ne peuvent et ne doivent pas être exclus."


-- Ms. Leila Zerrougui, SRSG for Children and Armed Conflict

La promesse d’envoyer tous les enfants partout à l’école ne se fera qu’avec un grand engagement dans la planification, la priorité, et la protection de l’éducation en particulier en temps de conflits et de crises.

 

  • Le nombre d’enfants et d’adolescents non-scolarisés est de 124 millions et est en hausse en 2013.(1)
  • Globalement, un enfant sur onze ne va pas à l´école, en tout 59 million d’enfants en 2013, une hausse de 2,4 millions depuis 2010. Dont 30 millions vivent en Afrique sub-saharienne tandis que 10 millions se trouvent dans le Sud et l´Ouest de l´Asie. (2)
  • Un adolescent sur six ne fréquente pas l´école, en tout 65 millions en 2013. De ceci, 26 millions vivent dans le Sud et l´Asie Occidentale, et 23 millions en Afrique sub-saharienne où il y a plus d´adolescents non-scolarisés aujourd'hui qu'en 2000. (3)
  • La proportion des enfants non-scolarisés dans les zones de guerre est passée de 30% à 36 % depuis 2000. Aujourd´hui, il y a 34 millions d´enfants et d´adolescents non-scolarisés qui vivent dans des pays en conflit. (4)
  • Le monde fait face à un déclin de 3,3 millions d´instituteurs en primaire et 5,1 millions d'instituteurs dans l´enseignement secondaire d´ici 2030 et les zones qui ont le plus besoin de personnel enseignant sont les pays affectés par des catastrophes et les situations d´urgence.

 

Impacts clés des pays en conflits, catastrophes naturelles et autres urgences

 

  • Déplacement: la durée moyenne de déplacement pour les réfugiés se rapproche maintenant de 20 ans. Dans les conflits prolongés, la destruction des infrastructures et l’accès limité aux établissements restants peuvent potentiellement empêcher la scolarisation pendant plusieurs années, interrompre le progrès éducatif (pour les élèves individuels et les systèmes en large), et laissent derrière des entières générations dépourvues d’éducation.
  • Pauvreté: les  conflits et les autres crises interrompent l’activité économique et peuvent pousser des familles, communautés et pays plus profondément dans la pauvreté. Pour un triennal de violence la croissance économique tombe de 2,7%, tout en limitant les opportunités pour le développement social et économique.
  • Montée de la violence contre les femmes et les filles: le début de catastrophes et conflits armés limite les opportunités économiques, affaiblit les institutions sociales et augmente le risque de violence sexuelle contre les femmes et les filles. Les filles, en particulier issues de familles pauvres, sont en grand risque de se marier tôt et de force dû à un manque de protection et de soutien pour subvenir aux besoins familiaux.

 

L'éducation sous la menace

 

En dépit des conflits permanents, des déplacements et d´autres situations d´urgence humanitaire, l´éducation est menacée dans le monde entier. Entre 2009 et 2012, les groupes armés non-étatiques, les forces armées et de sécurité d’état et les groupes criminels armés ont attaqué des milliers d’écoliers, d’enseignants et d’établissements d'enseignement au moins dans 70 pays à travers le monde ( 9 ). Une des clefs facteur de risque est l'utilisation militaire des écoles en tant que bases, casernes , caches d'armes et centres de détention – mettant en risque les écoles étant la cible des forces adversaires, et mettant en péril la sécurité des élèves ( 10 ). En avril 2014, près de 200 jeunes filles ont été enlevées de leur école au Nigéria, provoquant une inquiétude mondiale et soulignant l'importance de protéger les écoles, les enseignants et les étudiants et de garantir le droit à l'éducation de tous les enfants partout dans le monde.


 

L' éducation une intervention vitale

 

A Court terme. Dans les situations d´ urgences, l´éducation sauve des vies et est d’une grande importance dans les stratégies de protection infantile. Les enfants non scolarisés sont les plus vulnérables à la violence, au viol et au recrutement aux combats, à la prostitution, et à d’autres fatalités, souvent des activités criminelles. Dans ces conditions, l´éducation peut également fournir une information vitale dans l’auto protection contre les abus sexuels, à la sensibilisation aux mines, à l´hygiène manuelle et à d´autres techniques de survie nécessaires dans le contexte spécifique. Surtout, l'éducation en situation d'urgence soutient le progrès déjà réalisé par les enfants scolarisés et maintient les investissements faits par eux, les parents et les communautés, réduisant ainsi l'impact des interruptions causées par la crise

A long terme. L´éducation ne protège pas seulement les enfants contre les situations qui blessent et tuent les enfants directement mais aussi elle les protège contre les futures menaces de leur moyen d’existence. L´éducation permet un retour à la routine familière et instille de l´ espoir à un avenir, atténuant l´impact psychosocial de la violence et des déplacements. Une éducation de bonne qualité fournit pendant un conflit peut également contrer les causes sous-jacents de violence et favorise l´inclusion, la tolérance, la sensibilisation aux droits de l´homme et la résolution des conflits-soutenant les processus à long terme pour la reconstruction et la promotion de la paix. L´éducation illumine chaque étape de la vie à une vie meilleure surtout pour les pauvres et les plus vulnérables. L´éducation valorise en particulier, les filles et les jeunes femmes en augmentant leur chance de trouver un emploi, de rester en forme et de participer pleinement dans la société- encourageant les chances à leurs enfants de mener une vie saine .(14),(15).

Les enfants, parents et les communautés font un appel à l´éducation


En République Démocratique du Congo et en Ethiopie, 30 % des personnes interrogées classent l´éducation comme leur première priorité avant les besoins de base tels que la santé, l’eau, la nourriture, l’abri et le soutien psychosocial.
 
Dans les situations de crises et d´urgence, quand on demande aux enfants ce dont ils ont besoin le plus, maintes et maintes fois ils répondent qu´ils veulent poursuivre leurs études. Selon 8,749 enfants pris dans 17 situations d'urgence différentes - allant du conflit à la crise et dans des catastrophes prolongées –ayant participé à 16 études par huit organisations couvrant 17 situations d'urgence différentes , 99% des enfants dans les situations de crise considèrent l'éducation comme une priorité . Dans huit études, 4,713 enfants dans neuf pays en situation d'urgence où les enfants ont été invités à classer leurs besoins par ordre de priorité, 38 % ont identifié l'éducation comme leur première priorité, et 69 % ont classé l'éducation parmi leurs trois priorités.
 
D´après les rapports des déplacements du Secrétaire général des Nations Unies dans les zones ravagées par la guerre et les catastrophes, les survivants ont la même vision: « l'éducation d'abord ».
 

Financement de l´éducation dans les situations d´urgences

 

Malgré l'importance évidente des myriades d’avantages de l'éducation pour l’individu, les familles, les sociétés, l´éducation dans les situations de conflit continue à être sous-financée par le gouvernement et les acteurs humanitaires. 

Les pays touchés par les conflits dépensent bien en dessous du niveau recommandé pour l´éducation. En 2012, seulement 3,2% du revenu national a été dépensé pour l'éducation dans 21 de ces pays, bien au dessous des  5%de la moyenne globale où la cible recommandée est comprise entre 4% et 6 % du revenu national. Avec ce nombre croissant d' enfants non scolarisés et des adolescents vivant dans des pays en conflits, investir dans l´éducation devrait être une priorité pour les bailleurs de fonds, mais de nombreux pays qui se trouvent dans des crises prolongées ne reçoivent pas suffisamment de financement humanitaire. En plus, les demandes d’appels d´aides humanitaires ne formulent pas assez pour le financement de l´éducation. En 2014, moins de 2% des fonds ont été consacré à l´éducation.

 
Après avoir comptabilisé pour les dépenses domestiques, un minimum annuel de 38US$ par enfant et 113US$ par adolescent est nécessaire pour garantir que tous les enfants et les adolescents des pays en conflits puissent aller à l´école. L´équivalent d´un déficit total de financement de 2,3 milliards de dollars, dix fois plus de ce qui fut donné à l´aide humanitaire pour l´éducation en 2014. L´écart total annuel du budget de financement entre les ressources internes disponibles et le montant nécessaire pour atteindre les nouveaux objectifs de l´éducation est considéré à une moyenne de 39 billions de dollars entre 2015 et 2030. La différence est particulièrement importante dans les pays avec un faible revenu, constituant 42 % des coûts annuels. La responsabilité de combler le fossé ne devrait pas être laissé uniquement aux acteurs humanitaires ; les gouvernements doivent augmenter leurs budgets d'éducation et les bailleurs d'aide au développement doivent également jouer leur rôle pour assurer que toutes les personnes nécessiteuses sont couvertes ( 23 , 24 , 25 , 26 ) .
 

 

En d´autres termes, le coût en moyenne est de 1,18 US $ par jour par enfant dans les pays en voie de développement (bas et mi-bas revenu) pour fournir un cycle complet d´ éducation pré-primaire à l´enseignement secondaire (13 ans). La plus grande part de ce coût, 88 %, sera supportée par les pays en développement eux-mêmes, laissant en moyenne l’écart pour le financement international à seulement 14 % par jour par enfant.
 
 
Même si les figures adéquates pour assurer l'éducation dans tous les contextes et dans tous les pays sont élevées, ne pas l’assurer est même beaucoup plus élevée. L'éducation dans les situations de crises parfois peut être vitale, et est certainement une survie, et est évidemment un investissement important et essentiel à long terme, à la fois comme un bien privé et public aussi bien qu’un capital humain et une croissance économique à long terme d’une nation (28). Autrement dit, sans un financement universel de 12 ans pour une bonne éducation primaire et de secondaire, en ligne avec l´objectif proposé 4.1 des Objectifs de Développement Durable, la vision de l'avenir durable à convenir en Septembre 2015 ne peut être achevée et le monde perdra un énorme nombre potentiel de filles et garçons qui désirent apprendre et diriger.


« Soyons la première génération à décider d’être la dernière à voir des salles de classe vides, des enfances perdues, et un potentiel gaspillé. » --Malala Yousafzai, Nobel Peace Laureate et Education Activist

 


Education: a priority in emergencies

This short INEE video on the context and importance of education in emergencies is available in five languages. Watch the videos on YouTube by clicking the links below, or download the video files from the INEE Resource Database or from Google Drive for offline use. Video created by Sophie d'Aoust, © INEE 2014.

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Sources:
1. UNESCO Institute for Statistics and EFA Global Monitoring Report, Policy Paper 22 / Fact Sheet 31, "A growing number of children and adolescents are out of school as aid fails to meet the mark." July 2015.
2. Ibid.
3. Ibid.
4. Ibid.
5. UNESCO EFA Global Monitoring Report, "Teaching and learning: achieving quality for all." January 2014. 
6. James Milner and Gil Loescher, Refugee Studies Centre, Forced Migration Policy Briefing 6, “Responding to protracted refugee situations: lessons from a decade of discussion.” January 2011.
7. Gayle Tzemach Lemmon, Council on Foreign Relations, “Fragile states, fragile lives: child marriage amid disaster and conflict.” June 2014.
8. Ibid.
9. Global Coalition to Protect Education from Attack, “Education under attack 2014.”
10. Ibid.
11. Christopher Talbot, Network for International Policies and Cooperation in Education and Training (NORRAG), Working Paper #3, “Education in conflict emergencies in light of the post-2015 MDGs and EFA agendas.” January 2013.
12. Phillip Price, University of Denver, “Education in Emergencies: Benefits, Best Practices, and Partnerships.” 2011.
13. Christopher Talbot, Network for International Policies and Cooperation in Education and Training (NORRAG), Working Paper #3, “Education in conflict emergencies in light of the post-2015 MDGs and EFA agendas.” January 2013.
14. UNESCO EFA Global Monitoring Report, “Education transforms lives.” 2013.
15. UNESCO, “Data tell us.” 2014.
16. Catherine Gladwell and Lydia Tanner, Save the Children UK and the Norwegian Refugee Council, “Hear it from the children: why education in emergencies is critical.” 2014.
17. Save the Children UK, “What do children want in times of emergency and crisis? They want an education.” 2015.
18. Save the Children, World Humanitarian Summit - Regional Consultation: East and Southern Africa, “Education in emergencies: a community’s need, a child’s right.” October 2014.
19. Ban Ki-moon, Global Education First Initiative, "Statement from the Secretary-General." September 2012.
20. Education Cluster, “Education cannot wait: humanitarian funding is failing children.” 2013.
21. UNESCO EFA Global Monitoring Report, Policy Paper 21, “Humanitarian aid for education: why it matters and why more is needed.” June 2015.
22. UNESCO EFA Global Monitoring Report, Policy Paper 18, “Pricing the right to education: the cost of reaching new targets by 2030.” July 2015.
23. UNESCO EFA Global Monitoring Report, Policy Paper 21, “Humanitarian aid for education: why it matters and why more is needed.” June 2015.
24. UNESCO EFA Global Monitoring Report, Policy Paper 18, “Pricing the right to education: the cost of reaching new targets by 2030.” July 2015.
25. Elizabeth Wilson, Brian Majewski and Kerstin Tebbe, Norwegian Refugee Council and Save the Children Norway, “Walk the talk: review of donors’ humanitarian policies on education.” June 2015.
26. Joseph Nhan-O’Reilly and Claire Mason, Save the Children UK, “More and better: global action to improve funding, support and collaboration for education in emergencies.” 2015.
27. Global Partnership for Education website, www.globalpartnership.org/education-costs-per-child. September 2015
28. Susan Nicolai, Sébastien Hine and Joseph Wales, Overseas Development Institute, Background paper for the Oslo Summit on Education in Development, “Education in emergencies and protracted crises: toward a strengthened response.” June 2015.
29. The Malala Fund and Results for Development, “Beyond basics: making 12 years of education a reality for girls globally.” July 2015.
30. A World at School, "Policy in Brief: The Consequences of Not Investing In Education in Emergencies." July 2015
31. Brookings Center for Universal Education, "Financing Education: Opportunities for Global Action." July 2015